
Hans-Jakob Stirnemann, est né le 8 octobre 1724 à Gränichen (Argovie, Suisse) et baptisé à Wolsheim, en Alsace. En 1769 il s'installe à Wolsheim où se trouve sa sœur mariée à un menuisier. Il est possible que ce soit par l'intermédiaire de ce dernier que lui furent confiés les travaux de restauration de l'orgue de l'église de Bouquenom (aujourd'hui Sarre-Union).
Il a probablement appris son métier en Alsace. Peut-être était-il en relation avec la famille alsacienne de facteurs d'orgues Toussaint. En effet, on note qu'un certain Jean Frédéric Stirnemann, chirurgien et physicien à la cour de Berlin, épousa Marie Dauphine Toussaint de Metz, en 1784.
Le séjour de Jacob Stirnemann à Lyon est attesté par plusieurs documents. En particulier il figure, en 1779, sur la liste des luthiers de Lyon. Outre le clavecin qui fait l'objet de ce disque, on a identifié à ce jour deux autres clavecins et trois pianofortes portant sa signature.
On trouve aussi le passage de Jacob Stirnemann à Turin, en 1780, au service de Victor Amédée III. Celui-ci l'envoie à la cathédrale de Chambéry pour y effectuer un mémoire à propos des réparations à effectuer sur les orgues de 1514, "les plus belles de ça les monts". Probablement restauré par Stirnemann, plus tard transféré dans la ville de Salin, cet orgue se trouve aujourd'hui à l'abbaye de la Lucerne, en Normandie.
Dès 1781, Stirnemann rejoint à nouveau Lyon où il construit un piano carré "Stirnemann fait à Lyon 1781", qui se trouve aujourd'hui en Autriche. La même année, il répare le deuxième orgue de l'Hôpital de la Charité, instrument construit en 1732. On a trouvé aussi le reçu daté de 1782, signé de la main de Stirnemann pour la réparation et la reconstruction de cet orgue. Jusqu'en 1786, il assure l'entretien courant des orgues de cette institution. Il construit en 1783 un piano organisé, signé "Stirnemann à Lyon 1783" qui fut présenté à l'exposition universelle de Paris en 1889. En 1786, toujours à Lyon, il construit un pianoforte, portant la mention "Jacobus-Stirnemann-fecit-Lugd-1786", conservé aujourd'hui à Moutiers (Savoie).
La Révolution française entraîne la destruction de la plupart des orgues de Lyon dont celui de l'hôpital de la Charité. Le nom de Stirnemann figure encore comme luthier sur "l'indicateur de Lyon" en 1779 et 1790. Dès lors, on ne trouve plus sa trace si ce n'est la mention de son décès le 5 août 1790 dans les archives de Gränichen. Le chantier des recherches concernant ce facteur d'instruments encore mal connu reste ouvert.
(Texte établi d'après les recherches de Georges Stirnemann de Colmar, Vincent Pussiau de Lyon et André Extermann à Givrins).